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Humour Actualités Citations et Images

Tinghir Jérusalem, les Echos du Mellah

23 Mai 2013 , Rédigé par Pat Publié dans #video, #israel

KAMAL HACHKAR – "C’est dans l’exil que je me suis construit"

"Un hymne à l’altérité, à l’autre et à l’absence de cet autre. Un voyage dans le temps et l’espace afin de retrouver la conscience perdue d’un passé en commun", c'est ainsi que Kamal Hachkar, Franco-Marocain originaire de Tinghir, aujourd’hui professeur d’histoire dans un lycée parisien, présente son 1er documentaire  "à la recherche de l’autre pour me retrouver moi-même" explique-t-il.

C’est vers l’âge de 18 ans que son grand-père lui parle des juifs marocains qui vivaient avec eux dans le village. A l’époque, Kamal ne connaissait l’histoire des juifs que par l’enseignement qu’il avait reçu à l’école et surtout au travers de la Shoah. Qui étaient-ils ? Qu’elles étaient les relations entre juifs et musulmans dans son village ? Pourquoi ce départ, parfois si précipité ? Pendant plus de trois années, Kamal est parti à la recherche de ces réponses, à Tinghir au Maroc mais également en Israël pour retrouver les anciens habitants juifs de son village natal. "Ce documentaire se veut un témoignage sur la mémoire, sur le caractère multiculturel du Maroc où le judaïsme y est millénaire et consubstantiel à son identité", affirme le jeune réalisateur.

Une recherche identitaire
Mais c’est également une recherche de ses propres origines que Kamal a voulu entreprendre. Franco-marocain, d’origine berbère, de culture musulmane, il n’est pas toujours simple de se retrouver au milieu de toutes ses identités. "Mon identité française n’exclut pas mes autres identités" explique-t-il au petitjournal.com/telaviv. "On a besoin de l’autre pour savoir qui on est et c’est en partant à la recherche de cet autre, à travers ce documentaire, que j’ai réussi à me retrouver."

"J’ai également senti un lien très fort avec les juifs, de part la notion d’étrangeté" confie-t-il. "J’étais à la fois étranger en France et au Maroc, tout comme les juifs de Tinghir l’étaient au Maroc et en Israël."

Malgré le succès du documentaire, projeté dans de nombreux festivals dans le monde entier et couronné par plusieurs prix, l’accueil a été plus mitigé au Maroc. Qualifié parfois de "traitre" dans son pays, Kamal a été critiqué par "les anti et les ultra sionistes". "Je pense que cet 'autre' les dérange, ils sont dans la haine de l’altérité"poursuit-il.

Finalement, à travers cette quête personnelle, c’est une quête universelle que Kamal entame. "C’est également grâce au poids des images, des sensations que je souhaite toucher un maximum de gens. Il y a beaucoup de travail à faire aujourd’hui pour lutter contre les préjugés et c’est par la culture, l’éducation que l’on peut y parvenir."

Et Kamal ne souhaite pas s’arrêter en si bon chemin. "J’ai envie d’organiser le voyage inverse, de faire revenir les juifs marocains au bled. Car aujourd’hui, on assiste à une réappropriation de la culture marocaine chez les juifs marocains d’Israël."

Antoine RIPAUD (www.lepetitjournal.com/telaviv) dimanche 20 janvier 2013

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